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Djorkaeff, l'ami Americain. (French)

11/20/2007
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Finir sa carrière aux Etats-Unis, c'est tendance. L'aventure américaine intrigue de plus en plus d'internationaux français. Grégory Coupet, Thierry Henry ou Willy Sagnol l'ont récemment confessé. D'autres, comme Nicolas Anelka, Fabien Barthez, Ludovic Giuly, Claude Makelele ou Mikael Silvestre, se sont renseignés. Du coup, le téléphone de Youri Djorkaeff, pionnier français en Major League Soccer (MLS), sonne de plus en plus souvent. L'ancien attaquant des Bleus, qui a joué deux saisons aux Red Bulls New York avant de raccrocher l'année dernière, vit toujours à Manhattan et sert de conseiller à ses anciens coéquipiers.

"Je fais le lien, explique-t-il. Avec des gros calibres ou avec des joueurs moins cotés. Les joueurs savent que je connais le marché et que j'ai des contacts. J'appelle un président ou un manager pour leur parler d'un joueur. Ils ont beaucoup d'estime pour ce que j'ai fait, donc ils prennent en compte mon avis. Ça aide les joueurs qui ne sont pas trop connus aux Etats-Unis. Si je sens que ça ne colle pas, je n'en parle pas. Les dirigeants américains me respectent et je ne suis pas là pour leur vendre des salades."

Youri a ses entrées. Il a aussi des projets. Il est actuellement en discussion pour une mission de conseil auprès de l'équipe nationale américaine. Bob Bradley, le sélectionneur, fait déjà régulièrement appel à lui. La MLS, qui souhaite développer la formation, l'a également lancé sur un projet d'académie. Les dirigeants des clubs américains l'utilisent aussi comme intermédiaire. Il a récemment été sondé pour Ronaldo, qu'il connaît depuis son passage à l'Inter Milan et qui est dans le viseur du Galaxy Los Angeles. L'hiver dernier, il avait aussi discuté avec Zinédine Zidane à qui le Chicago Fire et DC United (Washington) offraient un pont d'or. "On me demande si ça peut coller. Les Américains connaissent le nom mais pas la personne. Ils veulent savoir qui ils sont au quotidien. Je les renseigne", confie le Snake.

Barthez trop gourmand

Le discours qu'il tient aux éventuels candidats à l'exil reste prudent. La MLS n'a rien d'un eldorado pour préretraités attirés par l'American way of life. Grégory Coupet ou Mikael Silvestre, qui inscrivent respectivement l'aventure dans le cadre d'un projet familial et d'une reconversion dans le management, devront par exemple convaincre qu'ils peuvent apporter un plus. "Le joueur qui a juste en tête de venir terminer sa carrière ne tient pas deux mois, prévient Djorkaeff. Je m'en suis rendu compte. Pour moi, c'était un choix de vie. C'était cool et cela correspondait à une transition. J'ai vite compris que ce n'était pas si cool que cela. Comme je suis un compétiteur, je me suis pris au jeu : j'ai voulu montrer que je pouvais aussi flamber. Mais c'est un vrai défi. Ce n'est pas parce qu'on vient d'Europe que l'on va être accueilli à bras ouverts. Il y a une politique d'ouverture mais ce n'est pas le Qatar. Voilà la réalité du marché."

Les places sont limitées (sept étrangers par franchise) et les joueurs américains privilégiés. La MLS, qui veut développer le soccer sans reproduire les erreurs du passé, souhaite attirer des stars internationales. "Des top players", précise Djorkaeff. Une catégorie très restrictive dans laquelle rentrent Ronaldo, Ronaldinho, Henry, Rooney ou Cristiano Ronaldo. Pour ces joueurs, la MLS est prête à exploser le salary cap (plafond salarial) de 2,4 millions de dollars (1,6 Meuros) à répartir entre 18 joueurs. Pour les autres, le rêve américain ne sera pas aussi doré que celui de Beckham (170 Meuros sur cinq ans). "La MLS ne calcule pas la valeur d'un joueur sur sa qualité, mais sur son impact médiatique et économique", souligne Michael Wiesenfeld, agent français licencié aux Etats-Unis.

Fabien Barthez, par exemple, aurait espéré un salaire annuel de 2 Meuros. Impensable pour un gardien de but, alors que les étrangers les mieux payés après Beckham -Angel, Blanco, et Denilson- touchent entre 880.000 dollars (600.000 euros) et 1,8 million de dollars (1,2 Meuros). L'arrivée de Beckham a néanmoins marqué un tournant. Malgré le fiasco sportif, les retombées économiques ont été phénoménales. Et le marché va s'ouvrir. Dès la saison prochaine, trois joueurs (designated players) auront le droit d'échapper au plafond salarial, contre un jusqu'ici. En 2009, la convention collective va être renégociée. Les quotas d'étrangers, le minimum et le plafond salariaux devraient augmenter de manière significative. Youri Djorkaeff : "Il ne manquera plus qu'à caler les dates du championnat sur le calendrier européen pour accroître les échanges." Et permettre à certains joueurs français de vivre leur rêve américain.
Djorkaeff, L'ami americain